dimanche 20 décembre 2015

Mathieu, André - Docteur Campagne tome 3 Clara

Les Éditions Coup d’œil
Paru en 2007

Roman contemporain québécois

Résumé

Le jeune docteur Samuel Goulet a pratiqué la médecine dans une paroisse beauceronne en 38-40 puis est parti à la guerre, laissant derrière lui sa mère, sa fiancée et sa fille adoptive.

Détenu dans un camp allemand pendant cinq longues années tandis que dans son patelin, on le croit mort, il traverse les épreuves et réapparaît chez lui en automne 1945 sans s'être annoncé, comme un revenant. Ces événements furent racontés dans les deux premiers tomes de la trilogie. Docteur Campagne et Les Fleurs du soir. Et c'est ici que commence Clara.

L'homme est accueilli comme un héros de guerre dans son village. Mais il doit assumer les chocs du changement. Sa fiancée Catherine, enceinte de lui à son départ, s'est mariée. Et d'autres soupirantes de naguère ont fait de même. Quant à sa fille Clara, elle est devenue femme et s'éloigne de la maison pour ses études.

Une fois son fils réintégré, sa mère le pousse à trouver une épouse. Il s'intéresse à plusieurs à la fois, notamment une superbe jeune personne deux fois plus jeune que lui et une religieuse du couvent qui lui devient très chère... trop. Comment parviendra-t-il à s'arracher à Catherine qu'il continue d'aimer profondément ?

Voici le dernier tome de cette trilogie à caractère sentimental, comprenant aussi Docteur Campagne et Les fleurs du soir. Chacun peut être lu pour lui-même, car les deux derniers comprennent en prologue le résumé du ou des précédents, de même que la liste des personnages déjà en action.

Mon avis

Me voici déjà rendue au dernier tome de cette trilogie et la curieuse impression ressentie à la lecture du tome précédent s’avère exacte.

J’avoue que ce qui m’exaspère dans les romans de ces années, c’est comment l’Église catholique était présente partout et même dans les chambres à coucher des paroissiens. J’ai toujours pensé et penserai toujours que c’est un monde d’hommes, fait sur mesure pour les hommes. Les femmes n’avaient pas un mot à dire, qu’il y ait neuf, dix enfants dans la maisonnée, quand le bonhomme voulait faire l’amour, il avait juste à invoquer la religion et elle avait tellement peur de l’enfer qu’elle ouvrait tout grand les jambes au risque d’en mourir, et ce, même si le médecin avait bien expliqué au mari le danger d’une autre grossesse.

À travers cette obéissance aveugle, il y avait des gens qui doutaient des enseignements religieux sans toutefois oser en parler ou au pire en discuter à mots couverts, tellement l’emprise du clergé était forte.

L’auteur effleure également le don de « voyance » ou de prémonitions, mais sans trop élaborer sur le sujet.

Comme l’histoire tourne autour du médecin, c’est certain que la tuberculose affectait plusieurs personnes, car c’était la maladie avec un grand « M » de l’époque.

Il y avait généralement dans ces petits villages une personne qui ébruite les nouvelles d’une maison à l’autre, les «écornifleux» sur la ligne téléphonique et le vieux bonhomme chialeux.

Les femmes trouvaient que le beau petit docteur sentait tellement bon le parfum et elles voulaient que leurs maris se lavent et fassent comme lui, mais les hommes refusaient. L’hygiène corporelle laissait beaucoup à désirer en ces années.

Dire que ce que raconte l’auteur se passait il y a environ juste soixante-quinze ans. Les changements sont énormes depuis, que ce soit par rapport à la médecine, du cheval à l’automobile comme moyen de transport ou de l’électricité dans tous les rangs.

Ce récit est d’époque, il y a des personnages qui ont réellement existés et d’autres qui sont fictifs, mais ils représentent des personnes ayant vraiment vécu. Sans être un coup de cœur, j’ai bien aimé ce dernier volet de la saga et j’aurai toujours plaisir à lire André Mathieu.

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