dimanche 28 mars 2010

Pellerin, Fred - Bois du thé fort, tu vas pisser drette !



Éditions : Sarrazine
Pages :    87
ISBN :     2-9808947-0-2

Conte québécois

Quatrième de couverture

Fred Pellerin habite un village où les légendes se tissent à même le quotidien des gens qu'il côtoie à l'église, au dépanneur, au bureau de poste, au garage du coin. Une fois entre les mains de cet alchimiste de l'imaginaire, le village de Saint-Élie-de-Caxton se peuple d'antihéros plus grands que nature d'homme. Ouvrant la porte à tous les merveilleux impossibles, Fred Pellerin a compris que les miroirs déformants n'altèrent jamais l'âme. C'est pourquoi ses récits, même les plus extraordinairement déjantés, sont toujours porteurs d'un immense respect et d'une indéfectible affection pour ces êtres de mémoire qu'il transforme en personnages, le temps d'un conte... le temps de repeupler les villages !

Brodain Tousseur, ce fut un homme de science infuse. Un grand buveur de thé, du type à laisser traîner sa tasse toute la journée, à se réchauffer l'eau aux heures, à se laisser tremper le thé du matin au soir. Un mijoteux, qui vous trouvait du sens même où on ne voyait pas de fond.

- Bois du thé fort, tu vas pisser drette !

Si on n'a toujours pas compris la teneur de cette phrase qu'on se répète à longueur de village, on sent toujours le sourire malgré l'hermétisme. Il est de ces mystères qui transportent la bonne humeur.

Ce que j'en pense

Quel régal que de lire du Fred Pellerin. Qui mieux que lui, pourrait conter avec une telle verve le folklore québécois de Saint-Elie-de Caxton.

J’ai toujours cru qu’un conte se doit d’être raconté mais celui-ci non, je suis convaincue qu’avant de l’entendre, il faut absolument le lire car il y a une telle force dans l’écriture, il faut voir la phraséologie pittoresque de l’auteur, ses fabuleux jeux de mots, en effet qui d’autre pourrait nous sortir un titre de livre comme ça. « Bois du thé fort, tu vas pisser drette ! » Juste à lire le titre et je ris déjà.

Effectivement, tout au long de ma lecture, j’ai commencé par un sourire pour finir par rire à grands éclats, j’en avais les yeux tout mouillés. Sacré Fred, je t’adore.

En page 76, un extrait d’une drôlerie : « - Si vous enlevez dix livres à votre photo de poisson, m’sieur le curé, je vais éteindre mon fanal ! Le marché fut conclu sans aucune négociation. »

Ceux qui ne connaissent pas Fred Pellerin, il vous manque quelque chose mais vous ne le savez pas, alors si vous n’avez la chance de le voir en spectacle, lisez ses livres, il en vaut plus que la peine.

Pour ce tout petit livre de 4 ¼ " par 4 ¼ ", mais aussi pour sa grandeur, je lui décerne un gros coup de coeur.

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